Fête traditionnelle de la fin de l’hiver, revanche anticipée sur les privations de Carême, le Carnaval a toujours été l’occasion d’excès de tous ordres. C’est une période de licence joyeuse où l’ordre social est inversé, les tabous et les interdits sont suspendus.

Dans les campagnes il s’agit aussi d’un rituel lié aux saisons, à travers le masque et les danses traditionnelles on appelle la prospérité.

Le Carnaval débute le jour de l’épiphanie pour s’achever le Mardi-gras, veille du Carême. 

A Camps- la-Source, jusqu’à la fin du XIXè siècle, des bandes de garçons se formaient. Ils noircissaient leur visage à la suie, se déguisaient avec de longues chemises de femmes, se coiffaient d’un bonnet de coton.

Ils se munissaient d’une quenouille dans laquelle ils avaient introduit une bougie. Ils allaient de maisons en maisons, réclamaient un baiser aux filles et de la boisson aux pères. Ils quêtaient des œufs, de la farine, de la viande, du petit-salé et toute autre nourriture que les habitants voulaient bien leur donner. Le soir tout était dévoré en un bruyant banquet.

Les mauvais coucheurs dont on dénonce l’avarice et la moralité voyaient leur maison assaillie et devaient étancher la soif de la jeunesse sous peine de représailles.

Pour clore ce long temps carnavalesque, le mardi-gras, dans les rues de village, on promenait Caramentran (carême entrant), mannequin de paille et de chiffons, bourré de pétards qui représente l’autorité suprême. Il était jugé en l’accusant de tous les maux, puis il était brûlé sans pitié au chant « d‘Adieu paure carnaval ».

Il est le symbole des péchés et des mauvaises choses de l’année, le brûler nous purifie. Mais c’est aussi un rituel agraire archaïque : on détruit le mythe de l’hiver rigoureux afin de favoriser le retour du printemps.